Autrement dit, 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Palme d'or du dernier festival de Cannes, ce film est incontestablement une réussite. Bien filmé, ambiance terriblement bien retranscrite, on se met très vite dans la peau de l'héroïne principale. Le film est constitué de très longs plans qui, d'une certaine manière, piègent le spectateur et ne le laissent plus ressortir. Pas le temps de «faire une pause», c'est la réalité de Bucureşti (Bucarest si vous préférez) de 1987, c'est là-dedans que tu vis, pas d'autre choix.

Suite en commentaires, y'a des spoilers.
Le film est choquant, dérangeant, mais sûrement pas à cause des images. On voit à un moment le foetus de 4 mois qui a été avorté: il était plus «joli» que ce qu'il aurait été en vrai. Là le réalisateur voulait que le spectateur, comme l'avortée, ait tout de même du ressentiment pour cette vie qui n'a pas pu être.

Non, le choc dû au film vient de ce que tout ce qui est filmé crie la vérité, la réalité. Et, nous qui jugeons avec notre mentalité plus «moderne», comprenons toute l'horreur de la situation, des choix que les gens avaient à faire à cet endroit, à cette époque.

Il y a tout de même un point négatif du film, ce sont les moments filmés à l'épaule en courant : le cameraman a bu un peu trop de café, et ça casse inutilement l'immersion dans le film. Des images moins remuantes pour ces moments-là auraient été mieux. Mais je fais la fine bouche.

Donc très bon film, on va attendre de voir ce qu'il continue à sortir de Roumanie (12h08 était bien aussi, mais celui-là se situait plutôt dans un registre comique). Si au moins les réalisateurs français pouvaient en prendre de la graine...