Il y a peut-être pire que l'idée de l'infini : l'infini perceptible. Ça marche aussi pour le néant, d'ailleurs. Certaines expériences permettent, à défaut de démontrer ce point de vue, de le comprendre :

  • Être allongé par une nuit d'été particulièrement claire, loin de toute lumière parasite, à contempler le ciel. On se surprend très vite à ne plus se sentir capable de dénombrer les étoiles, et la perception l'infini pointe son nez dans l'esprit de l'observateur
  • Se trouver dans un endroit d'ordinaire très peuplé, mais sans qu'il n'y ait rien ni personne qui ne bouge ou fasse un bruit. Comme par exemple cette scène assez connue de "l'associé du diable" où Keanu Reeves se retrouve dans un New-York où il n'y a plus personne. Imaginez-vous à sa place quelques secondes
  • Être sur une plaine enneigée en hiver, sans rien voir qui bouge à l'horizon. Le silence absolu, le sol blanc et le ciel presque de la même couleur : on est seul avec soi-même. Il y a des gens qui ont horreur de ça.

Le fait que les gens se regroupent dans les villes comme ils le font de nos jours, tend à leur faire oublier cela. Ce n'est pas une explication, mais ces expériences pourvoyeuses d'humilité sont peut-être une de ces choses qui manquent à la personnalité de l'homme moderne.