C'est un sujet intime et délicat dont j'avais depuis longtemps l'envie de parler. J'ai hésité pendant pas mal de temps puisqu'il s'agit de quelque chose dont un homme n'est pas forcément fier...
...
Non, pas ma virilité. Pfff. Je voulais bien entendu parler de ce que l'ancien mais néanmoins tenace campagnard que je suis n'a découvert que l'année dernière en venant dans une grande ville comme Nancy. De quoi s'agit-il ? Scénarisons la chose.

Je marche tranquillement entre les blocs d'immeuble qui constituent mon environnement immédiat et approche d'une zone destinée à évacuer le trop-plein d'énergie de nos chères têtes blondes. Un parc à moutards, quoi. La zone étant vide, je continue d'une allure altière en me souciant du vent un peu trop fort qui risque de défaire mon brushing. Mais malheur ! Que m'arrive-t-il ? Le sol se dérobe sous mes pieds ! Des sables mouvants ? En pleine ville ? Il n'y a pas de liane à proximité ! Je vais mourir ! J'ai une dernière pensée pour ces délicieuses flamiches au Maroilles dont la mort me sépare de ses bras froids et cruels et attends avec une larme que mon sombre destin s'accomplisse...

Et je réalise que le bitume était en fait mou. Ça ressemble au bitume, ça a la couleur du bitume rose, mais c'est mou. Dans les petites zones de jeu pour enfant, ils font donc du bitume mou. En tout cas quelque chose qui en a l'apparence. En bon campagnard ignare que j'étais, je vais de long en large dans le petit parc pour tester l'élasticité de la matière et m'en émerveille, puis je repars les poumons gonflés de contentement, d'avoir eu pour confirmation une fois de plus que les citadins, ce sont des gens bizarres, et que moi je devais pas avoir l'air con à marcher bizarrement de long en large sur un truc mou.